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La Mélopée de l’ail paradisiaque de Mo Yan (traduction : Chantal Chen Andro)

La Mélopée de l’ail paradisiaque renferme une grande richesse de personnages et de parcours qui en disent long sur la Chine de la deuxième moitié du XXe siècle. L’histoire se déroule dans les années 80, après l’arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir, à une époque où l’on parle de « société moderne ».

Le personnage Gao Ma brandit ainsi la « loi » pour sauver Jinju, dont il est amoureux, d’un mariage arrangé. Son idéalisme (naïf ?) fait de lui un personnage sympathique, porté par l’amour et la conviction d’avoir la justice de son côté. Mais dans son village, les moeurs traditionnelles ont la vie dure et la famille de Jinju n’entend pas céder, d’autant que la jeune fille sert de monnaie d’échange pour marier un frère boiteux qui ne trouve pas de femme. Le père de Jinju peut ainsi s’exclamer :

« C’est ma fille et si je veux la tuer, personne ne m’en empêchera ! » (p. 219)

Il y a également Gao Yang, dont la mère est morte durant la révolution culturelle. Fils de « propriétaires », il se rappelle avec amertume les malheurs qu’a dû subir sa famille à cause de sa position :

« Oh, merde ! Toujours à me flanquer cette étiquette ! Propriétaire foncier ! Tu parles ! Si on a pu économiser quelques sous pour acheter un bout de terrain, c’est à force de rogner sur la nourriture. Et mes parents en ont subi les conséquences toute leur vie. » (p. 117).

Lui-même arrêté, Gao Yang se retrouve en prison et l’auteur décrit sans complaisance une administration effrayante, non pas tant par sa cruauté que par son incompétence.

Le livre raconte cette histoire suivant deux fils narratifs situés à 9 mois d’intervalle. On y voit les mêmes personnages à deux périodes de leur destin. Le roman présente une belle structure narrative, décrit avec force l’injustice (des autorités, de la tradition) et l’impuissance (de l’individu), mais l’espoir aussi, tout en confrontant le lecteur aux humiliations successives infligées par un bourreau aux visages multiples : le camarade de classe, le camarade de prison, le père, le frère, l’administrateur…
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9 novembre : Conférence Mo Yan, l’écrivain aux mille visages

Le 9 novembre 2012 à 17h, Chantal Chen-Andro et Zhang Yinde donneront une conférence intitulée : Mo Yan, l’écrivain aux mille visages. La conférence aura lieu à l’Université Paris Diderot.

Chantal Chen-Andro a traduit plusieurs oeuvres de Mo Yan parmi lesquelles les oeuvres phare de l’auteur : Le Supplice de Santal, La Dure Loi du Karma, La Mélopée de l’ail paradisiaque, mais encore Enfant de fer, le Chantier et plus récemment Grenouilles qui vient de paraître en poche.

Tous ces titres sont édités au Seuil et disponibles en poche dans la collection Points (hormis Enfant de fer).

Maître de conférence à l’université Sorbonne Nouvelle, Zhang Yinde est notamment l’auteur de l’Histoire de la littérature chinoise paru chez Ellipses.

Ce petit livre concis et clair présente une première approche idéale pour aborder la littérature chinoise. Retraçant de manière chronologique l’histoire de la littérature chinoise des origines à nos jours, ce livre offre les repères fondamentaux ainsi que d’importantes clés de compréhension qui vous permettront, par la suite, d’entrer de manière plus approfondie dans les textes.

Vendredi 9 novembre à 17h à l’Université Paris Diderot (Halle aux farines, amphithéâtre 4C)
Esplanade Pierre Vidal Naquet, 75013 Paris.
Entrée libre.