Archives du mot-clé littérature coréenne

La librairie Le Phénix au Salon du Livre de Paris 2016

salon-livre-paris-logoComme chaque année, notre librairie tiendra le stand des Editions Philippe Picquier au Salon du Livre de Paris, qui aura lieu du 17 au 20 mars 2016.

Cette année, Livre Paris, le Salon du livre de Paris, mettra à l’honneur la Corée du Sud pour la première fois. A cette occasion, nous aurons le plaisir de recevoir 6 auteurs coréens dont Hwang Sok-Yong, Kim Young-ha, et Kim Jin-kyeong, auteurs phares de la littérature sud-coréenne.

Nous accueillerons à nouveau cette année pour deux séances de dédicace, Florent Chavouet qui a obtenu le prix Fauve Polar 2015 au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, pour son roman graphique Petites coupures à Shioguni.

Rendez-vous :
Stand R14 – Editions Philippe Picquier
Informations pratiques

Dédicaces sur le stand :                                                             U9782809711684

Benjamin Pelletier
Samedi de 14h à 15h
auteur de Toujours plus à l’est (2016)

U9782809711660Hwang Sok-yong
Jeudi et samedi de 16h à 17h
auteur de Toutes les choses de notre vie (2016), Princesse Bari (2015).

Kim Young-ha                                                                                                             U9782809711097
Dimanche 17h à 18h
auteur de Ma mémoire assassine (2015), J’entends ta voix (2015), Qu’est devenu l’homme coincé dans l’ascenseur ? (2015), Quiz show (2015), L’empire des lumières (2011), La mort à demi-mots (2002).

Kim Ae-ran                                                                                                                         ma vie palpitante
Vendredi de 11h à 12h
auteur de Ma vie palpitante (2014).

Kim Jin-kyeong                                                                                                      La sorciere et le jardin sercret
Jeudi de 14h à 15h et dimanche de 10h30 à 11h30
auteur de La sorcière et le jardin secret (2016), La guerre des   ombres (2013),              Les dernières aventures de l’Ecole des Chats (2011),                                                           Les nouvelles aventures de l’Ecole des Chats (2009)

Kim Jae-hong                                                                                       nuages
Jeudi de 14h à 15h et dimanche de 10h30 à 11h30
Illustrateur de La sorcière et le jardin secret (2016),                                                       des albums de jeunesse Nuages (2014), Dans les bois (2007).

Eun Hee-kyung                                                                                                secret
Dimanche de 13h30 à 14h30
auteure de Secret (2014)

Florent Chavouet                                                                                              fauvepolar
Vendredi à partir de 17h et dimanche de 14h30 à 17h
auteur de Petites coupures à Shioguni (2014),                                                            Tokyo sanpo : Promenades à Tokyo (2009) et Manabéshima (2010)

Delphine Roux                                                                                                                    kokoro
Vendredi de 13h30 à 14h30
auteurs de Kokoro (2015)

 

      

Oh Jung-hi et Lee Seung-u au Centre Culturel Coréen

Le Centre Culturel Coréen vous propose de rencontrer deux grandes figures de la littérature coréenne, Lee Seung-u et Oh Jung-hi.

auteur1Rendez-vous
Vendredi 12 septembre à 18h30
au Centre Culturel Coréen
2 avenue d’Iéna
75116 Paris
Plus d’informations sur le site du CCC

Ils sont de passage en France pour le festival Place aux Nouvelles, qui aura lieu les 13 et 14 septembre prochains à Lauzerte (Tarn-et-Garonne), et pour lequel ils sont cette année les invités d’honneur.

En effet, l’éditeur Serge Safran a tout récemment publié deux recueils de nouvelles : Le vieux journal, de Lee Seung-u et Le quartier chinois, de Oh Jung-hi.

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Lee Seung-u est aussi auteur des romans L’envers de la vie (Zulma, 2000), La vie rêvée des plantes (Zulma, 2006), Ici comme ailleurs (Zulma, 2012 / Folio, 2013) ou Le regard de midi (DeCrescenzo, 2014). Pour ceux qui lisent le coréen, nous avons en rayon la version coréenne de Le vieux journal, intitulée 오래된 일기, ainsi que Magnolia park 이승우 : 목련공원 en collection bilingue coréen-anglais.

Oh Jung-hi est également abondamment traduite dans le monde. Vous pouvez (re)lire les précédentes parutions en français, à savoir des recueils de nouvelles : L’Âme du vent (Philippe Picquier, 1995) et Le Chant du pèlerin (Philippe Picquier, 2003) ; ainsi que deux romans L’oiseau (Seuil, 2005) ou La Pierre tombale (Philippe Picquier, 2004).

L’Etrangère, de KANG Eun-ja

coup-de-coeurPrix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises de l’Académie française.

Ce roman est à la fois le récit d’un parcours extraordinaire, le récit d’une passion pour la langue française et un beau témoignage de ce qu’était la Corée des années 70. L’auteure coréenne a écrit ce roman directement en français, il est l’aboutissement d’années de travail et d’efforts pour conquérir la langue française et poursuivre, dans un contexte éprouvant, une scolarité qui à l’époque n’allait pas de soi.

Car c’est une Corée pauvre que nous décrit Kang Eun-ja, une Corée pas si lointaine que le miracle économique de ces dernières années tendrait à nous faire oublier. A travers l’évolution de l’héroïne, c’est également l’évolution du village et à plus grande échelle celle du pays qui se déploient sous nos yeux. La vie au village et les relations familiales servent de toile de fond à un récit dont le fil conducteur est l’amour des études d’abord et la passion pour le français ensuite. Alors que la langue de la réussite reste l’anglais, l’héroïne se lance à corps perdu dans son amour du français, travaillant jour et nuit pour dompter la grammaire française. Ce long parcours sera jalonné d’émotions, guidé par la profondeur du soutien familial et la bonté comme le charisme de certains professeurs.

La sincérité avec laquelle cette histoire est racontée, les efforts et les sacrifices qui y sont décrits nous font embrasser pleinement le destin de cette auteure qui prouve, par ce roman écrit en français, qu’on peut réaliser ses rêves en y travaillant de tout son être.

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Les petits pains de la pleine lune

couvertureAprès la parution de Fils de l’eau en mai dernier (voir notre article consacré à ce titre), les éditions Philippe Picquier ont publié en octobre le format poche du roman précédent de Gu Byeong-mo, Les petits pains de la pleine lune.

Fuyant les mauvais traitements de sa belle-mère, un garçon de 16 ans se réfugie dans la pâtisserie de son quartier, où il découvre que le pâtissier vend sur Internet des gâteaux aux pouvoirs étranges et que la vendeuse Oiseau-bleu n’est pas une jeune fille ordinaire…

Dans ce roman, Gu Byeong-mo nous transporte dans un monde où la magie et la réalité s’entremêlent, où chacun doit assumer ses choix et ne pas penser que la magie pourra régler tous ses problèmes.

La lecture de ce court roman est très agréable malgré la dure réalité à laquelle est confronté le jeune narrateur qui n’est pas choyé par sa famille et se voit rejeté par la société à cause de son bégaiement. Son séjour dans cette pâtisserie peu ordinaire lui fera comprendre qu’il vaut mieux affronter ses difficultés plutôt que de les esquiver, et que l’amitié peut l’aider à trouver un sens à sa vie.

Le sujet et la façon de le traiter sont originaux et le fait que l’auteur ait écrit deux fins possibles à cette histoire lui donne de la hauteur, au lieu de terminer sur un lieu commun ou un optimisme excessif.

Une lecture vivement conseillée !

Voir tous les romans de Gu Byeong-mo disponibles dans notre librairie.

Nouveau : des livres bilingues coréen-anglais !

Lancée en 2013, cette toute nouvelle collection de livres bilingues coréen-anglais est consacrée aux grands auteurs coréens qui font toute la richesse de la littérature coréenne contemporaine. Vous pourrez enfin lire des textes de grands auteurs comme Hwang Sok-yong, Lee Seung-u, Yi Munyol, Song Sok-ze ou encore Ch’oe Yun dans des livres bilingues coréen-anglais ! 

Il n’existe que peu de livres bilingues coréens et la plupart étaient alors consacrés à des auteurs occidentaux traduits en coréen (ces livres s’adressant principalement aux Coréens apprenant l’anglais). Pour la première fois, un éditeur coréen lance une collection complète dédiée aux auteurs coréens publiés en bilingue, dans le but de promouvoir la culture coréenne à l’étranger tout en s’adressant à tous ceux qui apprennent le coréen et désirent lire les grands auteurs dans leur version originale.

Découvrir la collection sur notre site

Pour ceux qui cherchent des livres en bilingue, découvrez également, chez un éditeur français cette fois, la récente parution d’un recueil de poèmes de l’auteur de Kim Kwang-kyu.

Publié par les éditions l’Amandier, ce recueil de poèmes est entièrement bilingue coréen-français, permettant à tous ceux qui lisent le coréen d’avoir accès à la version originale des poèmes. 

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Notre héros défiguré, de Yi Munyol

Traduit par Patrick Maurus et Ch’oe Yun, ce court roman du grand écrivain coréen Yi Munyol décrit en peu de mots (une centaine de pages) le déroutant processus aboutissant à la domination d’un seul sur une foule.

L’histoire se déroule dans une classe au sein d’une petite école de province, les protagonistes ont une douzaine d’année et cette micro-société est le théâtre d’un jeu de pouvoir impressionnant de justesse et de cruauté. Sorte d’allégorie de la dictature, cette histoire met en scène l’intelligence du tyran manipulateur, la solitude de celui qui tente de se rebeller et  la passivité des masses. Le génie de Yi Munyol permet de cerner avec précision au sein de cette société d’enfants les manipulations psychologiques effectuées par celui qui s’arroge le pouvoir, montrant que sa domination est tout autant due à sa cruauté qu’à la soumission silencieuse de la majorité.

Justice, liberté, droit, autonomie… autant de notions  qui sont merveilleusement mises en scène dans ce récit qui décrypte avec précision le point précis où l’on abandonne la lutte, par lâcheté, paresse, ou désir de rentrer dans le rang, où les acquis sont perçus comme des faveurs, le tyran comme une figure protectrice et généreuse.

Notre héros défiguré est publié par Actes Sud dans une édition comprenant également les deux courts romans : L’oiseau aux ailes d’or et L’hiver, cette année là.

Rencontre avec Cho Soomi, auteur de roman « Je veux aller dans cette île », en présence de la traductrice Christiane Thiollier

Cho Soomi et Christiane Thiollier Nous sommes heureux de vous accueillir pour une rencontre autour de la littérature coréenne et de fêter avec vous la publication du roman de Lim Chul-woo, Je veux aller dans cette île, par l’Asiathèque. Bien connue de nos clients pour ses méthodes de langue et ses livres de civilisation, L’Asiathèque vous offre en cette rentrée littéraire 2013 un magnifique roman dans une traduction inédite.

Préfacé par Patrick Maurus, Je veux aller dans cette île plonge le lecteur dans l’île natale du narrateur, en dressant un portrait vivant des personnes de ce petit village, des relations qui les unissent, avec pour point de repère la figure remarquable de la grand-mère.

Mais si ce petit monde nous est rendu de manière si vivante en français, c’est grâce à l’excellent travail de la traductrice Cho Soomi qui a su rendre certaines particularités de la langue coréenne comme les interjections qui font tout le sel du langage parlé et permettent de rendre à chaque personnage sa façon propre de s’exprimer. Conserver l’authenticité des dialogues malgré le passage du coréen au français, pour nous ce pari est brillamment réussi par Cho Soomi et c’est pourquoi nous sommes heureux de la recevoir, aux côtés de l’éditrice Christiane Thiollier, pour vous parler du roman et de sa traduction.

00001Lire notre coup de cœur du 12 octobre 2013

Cette présentation sera accompagnée de passages lus en coréen (par Cho Soomi) et en français (par Christiane Thiollier) afin de faire entendre toute la musicalité de la langue coréenne.

Rendez-vous
Vendredi 6 décembre 2013 à 18h
Plus d’informations et inscription sur notre site

Ici comme ailleurs, de LEE Seung-U

Un roman sur la perte d’identité et la fragilité du lien social.

Le protagoniste Yu se retrouve muté dans une petite ville, Sori, par son entreprise. Il doit quitter Séoul, sa femme et son quotidien pour prendre le relais de son prédécesseur, un certain Pak, dans les bureaux que la maison mère avaient ouvert à Sori il y a quelques années. A première vue, il s’agit d’une banale mutation, dans les faits, Yu commence un voyage cauchemardesque où rien ne se passe comme prévu. L’hostilité ambiante et grandissante de la ville et de ses habitants, l’impression d’être pris dans un immense engrenage malveillant, l’absurdité de sa situation, tout fait de cette mutation un cauchemar. Le lecteur plonge dans les pensées de Yu, et l’auteur décrypte les défauts de son personnages, comme cette lâche façon de se fabriquer en hâte des raisons pour accepter les coups du sort et justifier après coup sa passivité. 

« Sous le double patronage de Kafka et de Camus, Lee Seung-U ofre le roman d’une initiation à l’envers, entre enlisement et noyade, où il s’agit de désapprendre tout de soi et des autres. » (quatrième de couverture).

Ici comme ailleurs, Lee Seung-U, traduit par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet, folio, 6,60euros.

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Lundi 28 octobre à l’Inalco : Rencontre/Entretien avec trois écrivains coréens

Dans le cadre du Forum LTI-Keulmadang et en collaboration avec la Fondation KLTI Korean Literature Translation Institute, le Réseau des études sur la Corée, la Section Corée de l’Université Paris 7La Section Corée de l’INALCO et la revue de littérature coréenne Keulmadang, l’INALCO a le plaisir d’accueillir trois écrivains coréens de renom pour une rencontre et des échanges autour de la littérature coréenne contemporaine.

Cette rencontre aura lieu le lundi 28 octobre à 18h15, dans l’auditorium de la Bulac, à l’Inalco (45 rue des Grands Moulins). Cette rencontre se fera en présence de EUN Hee-Kyung, JUNG Young-Moon et KIM Apple, et sera animée par Jean-Claude DE CRESCENZO, maître de conférences responsable des études coréennes à l’université d’Aix-Marseille mais aussi éditeur se consacrant depuis un an à la publication de traductions en français de littérature coréenne.

Rencontre Inalco Corée

La Librairie Le Phénix tiendra à cette occasion une table de vente pour vous proposer un choix de titres de littérature coréenne en français et en coréen.

Venez nombreux !

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Mercredi 9 octobre à Paris Dauphine : rencontre exceptionnelle avec Hwang Sok-yong

Rendez-vous le mercredi 9 octobre à 19h à l’université Paris Dauphine pour une rencontre exceptionnelle avec l’un des plus grands écrivains coréens contemporains : Hwang Sok-yong (황석영). Publiées chez Zulma et plus récemment chez Philippe Picquier, les traductions françaises de ses romans ont rencontré les louanges des lecteurs et des critiques. Parmi ses plus grands romans, citons le très célèbre Shim Chong, fille vendue (Zulma – points) et la dernière parution en date : Princesse Bari (Philippe Picquier).

Le Phénix sera présent lors de cette rencontre pour proposer à la vente Princesse Bari.

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Contes maléfiques de Corée, bilingue coréen-français

Contes maléfiques et autres merveilles de Corée est un recueil grand format illustré qui a vu le jour grâce au travail de Rodolphe Meidinger professeur dans le département de français de l’Université Nationale de Chungbuk. Ce sont les étudiants coréens apprenant le français qui racontèrent ces contes à Rodolphe Meidinger :

(…) A travers un atelier d’écriture dirigé, ils me dévoilèrent ces contes fantastiques aux tonalités macabres, empreintes de sorcellerie, peuplées de fantômes et de créatures chimériques. Ces histoires, ils les puisèrent dans le sombre répertoire d’auteurs anonymes, témoins de l’étrange et d’événements obscurs qui se déroulèrent à Hanyang, l’ancienne Séoul, mais aussi dans des lieux les plus reculés de  Corée (extrait de la préface)

Entièrement bilingue coréen-français et illustré par les étudiants du département de design de la même université, ce recueil (« grimoire » comme l’appelle Rodolphe Meidinger) renferme 11 contes « maléfiques » magnifiquement illustrés (chacun dans des styles très différents). Un véritable trésor pour les amoureux des contes, les passionnés de culture coréenne et bien sûr, tous ceux qui apprennent le coréen et désirent lire des textes en bilingue coréen-français !

Sommaire :

1- 은혜갚은 꿩 / Les faisans miséricordieux
2- 구렁이의 저주 / La malédiction du serpent
3- 물고기가 맺어준 인연 / Le serment du poisson
4- 우렁 각시 / L’épouse sortie des eaux
5- 두꺼비의 보은 / La récompense du crapaud
6- 호렁이 의원을 데려감 / Le tigre emmène le docteur
7- 귀신과 장님 / Le fantôme et l’aveugle
8- 욕심많은 무당 / La chamane cupide
9- 옹고집전 / Le sosie de paille
10- 첩의저주 / La malédiction de la concubine
11- 장화옹련 / L’histoire de Jang-hwa et Hong-ryun

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Princesse Bari, de Hwang Sok-yong

Temps fort de notre rentrée littéraire 2013, Princesse Bari vient de paraître aux éditions Philippe Picquier. Nouveau roman de l’auteur coréen Hwang Sok-yong, considéré comme l’un des plus grands romanciers coréens de ces dernières années, Princesse Bari a l’art de séduire le lecteur dès les premières pages et ce charme opère jusqu’à la fin.

Comme pour Shim Chong, fille vendue, Bari tire son prénom d’une histoire traditionnelle coréenne. Hwang Sok-yong a l’art de mêler une réalité des plus dures (la Corée du Nord à la mort de Kim Il-Sung et la terrible famine des années 90) à la poésie des contes et l’héritage du chamanisme coréen. Mais si Bari, l’héroïne, possède quelques dons de voyance, c’est un roman ancré dans la réalité, sur fonds historique, que le lecteur a entre les mains.

Le roman est en effet caractérisé par une richesse historique qui offre au lecteur une vision de ce pays (la Corée du Nord) si hermétique et mystérieux. Le parcours de Bari et de sa famille, la chute d’une relative aisance et de la chaleur familiale à l’errance solitaire sont brillamment décrits et tout aussi brillamment traduits par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet.

Comme de nombreux romans coréens, cette traduction a bénéficié du soutien de l’Institut coréen de la traduction littéraire.

Princesse Bari, Hwang Sok-yong, Editions Philippe Picquier, 2013 

Tigre et kaki

Ce livre de contes coréens traduits par Maurice Coyaud et LI Jin-Mieung est un petit recueil essentiel pour tous ceux qui s’intéressent à la culture coréenne. Nourrissant l’imaginaire et les représentations, les contes façonnent une certaine vision du monde. On croit les connaître, ils nous surprennent par leur audace (pensons notamment au voleur écrasant les testicules de l’ours dans « Tigre et kaki », le conte éponyme)… Ces contes de Corée n’hésitent pas à se moquer des plus puissants tout en faisant des faibles et des pauvres les plus ingénieux. On y retrouve des échos qui font irrésistiblement penser aux traditions occidentales (les frères Grimm par exemple) et orientales (notamment le « Démon embouteillé à Mokp’o, voir « L’histoire du pêcheur » dans Les Mille et une nuits). Les contes ont cette particularité de nous être familiers tout en nous dépaysant : ici ce n’est pas le grand méchant loup qui mange la grand-mère, mais le tigre…

Tigre et kaki et autres contes de Corée, Maurice Coyaud et Li Jin-Mieung, Gallimard

Shim Chong, fille vendue de Hwang Sok-yong

Ce roman de Hwang Sok-yong prend pour thème de départ le conte traditionnel « La pieuse Shim Ch’ong » (voir : Tigre et kaki et autres contes de Corée, Gallimard Connaissance de l’Orient, p. 51). Mais contrairement aux contes, aucun prodige surnaturel ne vient sauver Shim Chong et rendre la vue à son père. Si le roman s’ouvre sur cette fameuse traversée en mer au cours de laquelle Shim Chong doit être sacrifiée (symboliquement dans le roman), la suite quitte la magie du conte pour une réalité historique des plus crues.

Voici le lecteur plongé dans la Chine du XIXe siècle, sous une dynastie Qing affaiblie par l’intrusion massive de l’opium par les Occidentaux. Chong y a été vendue et loin d’atterrir dans le Palais du roi-dragon, se retrouve plongée dans les maisons de plaisir, à la veille de la Guerre de l’Opium.

A travers le destin extraordinaire de l’héroïne c’est tout un monde ou plutôt plusieurs mondes qui se déploient : les villes portuaires pleines de richesses, lieu d’échanges commerciaux et culturels où foisonnent les objets et les gens venus de tous horizons mais également les contrées plus reculées où sévissent les truands, où les femmes se font enlever et vendre pour alimenter le négoce sexuel. La condition des filles de joie, les lieux de plaisirs, et les clients évoluent à mesure qu’on s’éloigne des villes enrichies par le commerce. Car le monde de la prostitution connaît aussi ses propres classes sociales : luxe des maisons huppées accueillant de riches clients et d’influents fonctionnaires, humiliation de maisons de passe devant lesquelles s’entassent des dizaines de marins.

C’est dans ce monde impitoyable que Chong tente de trouver sa place, et ce ne sont pas les dieux du ciel qui la conduisent, mais bien sa volonté d’améliorer sa condition, sa fierté et sa volonté sans faille.

Plus d’informations et documents (dont la carte du périple de Chong) sur le site des éditions Zulma.

Adieu le cirque ! de Cheon Un-yeong

Paru aux éditions Serge Safran, Adieu le cirque ! est le premier roman traduit en français de Cheon Un-yeong. Comme toutes les traductions ayant bénéficié du soutient de l’Institut coréen pour la traduction littéraire, celle de Seon Yeong-a et Carine Devillon se révèle excellente et offre à ce beau roman une version française des plus réussies.

Prenant les mariages arrangés entre Coréens et Chinoises comme contexte de départ, ce roman à deux voix met en scène Inho, souffrant d’un handicap l’empêchant de parler normalement, son frère Yunho et la femme que tous deux sont allés chercher en Chine pour servir d’épouse à Inho : Haehwa.

Le roman alterne deux focalisations et cette histoire est racontée du point de vue tantôt du frère Yunho, tantôt de Haehwa, deux narrateurs pour une histoire, deux acteurs évoluant autour de celui qui s’annonçait comme le personnage principal, celui pour lequel ce grand voyage est effectué, celui devant lequel défilent les candidates : Inho l’handicapé. Ce personnage, privé de parole dans l’histoire, se voit également dénié toute participation à la narration par le roman.

Outre l’intérêt suscité par l’alternance des focalisations narratives, la confusion des sentiments animant les personnages (il s’agit bien d’amour dans ce roman), Adieu le cirque ! donne à voir la société coréenne contemporaine, le poids pesant de la piété filiale, les traditions… Un beau roman qui s’inscrit dans les nouvelles voix littéraires coréennes.

Fils de l’eau, de Gu Byeong-mo

Fils de l’eau

Un père se suicide avec son fils en se jetant dans un lac, l’enfant développe des branchies dans un instinct de survie et devient mi-homme mi-poisson… à première vue, ce roman faussement simple prend des airs d’histoire fantastique et l’on se croirait presque dans un film de Miyasaki. On imagine volontiers que l’enfant va finir par attirer l’attention des médias, des scientifiques, qu’il sera persécuté, incompris… mais non, Le Fils de l’eau de Gu Byeong-mo ne repose pas sur un scénario convenu et l’on finit par se demander si Gon, cet homme poisson, est vraiment le protagoniste de l’histoire.

En effet, les relations complexes qui animent sa « famille » adoptive sont bien plus intéressantes que les caractéristiques corporelles de Gon. « Famille » c’est beaucoup dire puisqu’elle ne consiste qu’en un vieil homme et son petit-fils. Ce dernier, Kangha, développe des sentiments contradictoires envers Gon. La fraternité subie qui l’unit à Gon évolue entre haine, jalousie, admiration et peut-être amour, lui qui en a été privé enfant. Quant à Gon lui-même, il reste pour le lecteur aussi secret que pour les autres personnages du roman. Impossible à saisir tout à fait, il échappe à tous, même au lecteur, et c’est sans doute là que réside toute la tristesse du roman.

Une écriture simple, un roman sans prétentions qui sans être un chef-d’oeuvre littéraire possède un certain charme et que l’on termine sans même s’en rendre compte.

Fils de l’eau, Gu Byeong-Mo, Philippe Picquier, 2013

Bienvenue, de Kim Yi-seol

Ce court roman de l’écrivain coréenne KIM Yi-seol présente un tableau sans concession de la société coréenne contemporaine et la place de la femme dans cette société. A travers le parcours de Yunyeong qui se bat pour nourrir sa famille, au point de céder aux arguments financiers de la prostitution, ce sont les travers d’une société qui sont mis au jour. Une société dans laquelle les rôles traditionnels tombent en désuétude (ainsi, l’homme n’assume plus son rôle de chef de famille) mais où l’individu reste enchaîné par ses devoirs familiaux (Yunyeong doit ainsi aider sa mère, son frère et sa soeur).

Avec une écriture simple, ce roman attache irrésistiblement le lecteur au destin de son héroïne.

Egalement disponible à la librairie : la version coréenne de Bienvenue : 환영.

Commander la version originale en coréen

Commander la traduction française aux éditions Philippe Picquier (trad. par LIM Yeong-hee et Françoise Nagel)

Celle qui mangeait le riz froid, Moon Chung-hee

Invité par France Culture dans l’émission « Pas la peine de crier » de Marie Richeux, l’éditeur Bruno Doucey présente le recueil de poèmes Celle qui mangeait le riz froid de Moon Chung-hee.

Grande figure de la poésie contemporaine coréenne, Moon Chung-hee n’avait jamais été traduite en français. C’est à présent chose faite grâce à Bruno Doucey qui propose dans ce recueil une anthologie couvrant près de 40 ans d’écriture.

Née à la fin de l’occupation japonaise, Moon Chung-hee fait partie de cette première génération à écrire en coréen (le japonais ayant été imposé durant l’occupation). La poétesse s’inspire de la « quotidienneté » comme le souligne Bruno Doucey et nombre de poèmes prennent pour objet des tâches de la vie quotidienne, des objets ou des aliments, le corps… Ecrivant pour l’émancipation féminine dans une société pratriarcale et confucéenne où la tradition pèse lourd, Moon Chung-hee sait provoquer avec des mots simples de fortes évocations :

Je me servirai de mon sexe à ma façon, comme je l’entends
J’empêcherai que l’Etat le contrôle ou que les ancêtres s’en mêlent
J’empêcherai qu’une idéologie y porte la main brutalement
(…)
(extrait du poème Déclaration de la fleur, p. 105)

Vous pouvez écouter l’émission sur le site de France Culture.

Cliquez ici pour commander le livre sur le site de la librairie.

A voir également :

Dans l’entretien, Bruno Doucey évoque le film Poetry de Lee Changdong :

Résumé :

Dans une petite ville de la province du Gyeonggi traversée par le fleuve Han, Mija vit avec son petit-fils, qui est collégien. C’est une femme excentrique, pleine de curiosité, qui aime soigner son apparence et arbore des chapeaux à motifs floraux et des tenues aux couleurs vives. Le hasard l’amène à suivre des cours de poésie à la maison de la culture de son quartier et, pour la première fois de sa vie, à écrire un poème. Elle cherche la beauté dans son environnement habituel, auquel elle n’a prêté aucune attention particulière jusque-là. Elle a l’impression de découvrir enfin des choses qu’elle a toujours vues, et cela la stimule. Cependant, survient un évènement inattendu qui lui fait réaliser que la vie n’est pas aussi belle qu’elle le pensait. Ce film a reçu le prix du scénario du 63ème Festival de Cannes.

Vers la librairie.

Quiz Show, de Kim Young-ha

Paru chez Philippe Picquier et traduit par Choi Kyungran et Pierre Bisiou, Quiz Show est un roman qui confirme le talent et l’inventivité de son auteur. Kim Young-ha décrit avec humour et auto-dérision la passivité et la procrastination d’un personnage attachant, auquel on pardonne volontiers tantôt sa paresse, tantôt sa mauvaise foi.

Si le protagoniste, Lee Min-su, passe son temps devant son ordinateur, ce roman est loin d’être une simple critique de la sur-consommation médiatique. La société coréenne et ses carcans traditionnels sont passés au crible par un personnage qui possède lui aussi ses défauts. Il n’y a ni héros ni victime, mais le constat d’une déchéance accompagnée par le tout puissant attrait d’internet.

« Nous sommes nés dans un pays du tiers-monde, nous avons grandi dans un pays en voie de développement, nous sommes à la fac dans un pays riche. Et pourtant, aujourd’hui, nous n’avons pas de métier. Tout ceci est aberrant ! » (p. 195)

Lee Min-su incarne une partie de la jeunesse coréenne qui disperse les fruits d’années d’études dans l’oisiveté faute de trouver du travail, qui est lasse de devoir être parfaite pour s’intégrer, et lasse de devoir s’incliner devant des aînés qui ne lui laissent pour héritage que les conséquences de leur irresponsabilité.

Quiz Show, cependant, ne se limite pas à la critique sociale, c’est avant tout un roman à l’histoire tout simplement passionnante. Les états d’âme du personnage et sa façon d’appréhender le monde offrent une très bonne consistance au roman dont le rythme et l’intérêt ne cessent de s’accroître au fil des pages. L’auteur met en scène une diabolique descente des échelons sociaux où l’humour est omniprésent. Le style impitoyable de Kim Young-ha happe le lecteur dès les premières pages, tout apitoiement est banni :

Enfin, devant la cage de l’hippopotame qui pissait avec une vigueur stupéfiante, elle a ouvert la bouche. « Je suis ta vraie maman, tu peux me croire ». p. 8

Quiz Show, Kim Young-ha, Philippe Picquier, 2012

La bibliothèque des instruments de musique, de KIM Jung-hyuk

Couverture du livre de Kim Jung-hyuk, la bibliothèque des instruments de musique

Paru aux éditions Decrescenzo, La Bibliothèque des instruments de musique  de KIM Jung-hyuk rassemble quatre petites histoires ou micro-fictions. Toutes les histoires tournent autour de la musique, explorée ici sous toutes ses formes : les instruments de musique, la voix, les sons, le mixage…

Chaque micro-fiction donne à voir un personnage à un moment où la musique (ou quelque chose lié à la musique) entre dans sa vie et en perturbe le cours. Dans un style efficace et dynamique (servi par d’excellentes traductions), KIM Jung-hyuk offre des fenêtres sur un monde contemporain où l’on doit donner (sacrifier) un peu de soi-même pour s’inventer ses propres repères, ses propres normes.

Humiliation publique, accident de la route, incarcération, développement d’une étrange maladie… toujours une sorte de choc initiatique lance le personnage vers l’affirmation de soi. L’individu passe ainsi de l’hétéronomie (comment classer les instruments de musique ? qu’est-ce que chanter faux ? qu’est-ce que la bonne musique ?) à l’autonomie inquiétante et grisante de celui qui ose (s’)imposer ses choix.

Ce livre, tout à la fois reflet d’une société et hommage à la musique, offre une lecture réjouissante à multiples interprétations !

Couverture du livre de Kim Jung-hyuk, la bibliothèque des instruments de musique en coréen

La Bibliothèque des instruments de musique, KIM Jung-hyuk, Decrescenzo éditeurs, 2012

Du même auteur, à paraître chez Decrescenzo : Bus errant (prévision : avril 2013)

Vous pouvez commander par notre intermédiaire la version coréenne du recueil, n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.