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Les petits pains de la pleine lune

couvertureAprès la parution de Fils de l’eau en mai dernier (voir notre article consacré à ce titre), les éditions Philippe Picquier ont publié en octobre le format poche du roman précédent de Gu Byeong-mo, Les petits pains de la pleine lune.

Fuyant les mauvais traitements de sa belle-mère, un garçon de 16 ans se réfugie dans la pâtisserie de son quartier, où il découvre que le pâtissier vend sur Internet des gâteaux aux pouvoirs étranges et que la vendeuse Oiseau-bleu n’est pas une jeune fille ordinaire…

Dans ce roman, Gu Byeong-mo nous transporte dans un monde où la magie et la réalité s’entremêlent, où chacun doit assumer ses choix et ne pas penser que la magie pourra régler tous ses problèmes.

La lecture de ce court roman est très agréable malgré la dure réalité à laquelle est confronté le jeune narrateur qui n’est pas choyé par sa famille et se voit rejeté par la société à cause de son bégaiement. Son séjour dans cette pâtisserie peu ordinaire lui fera comprendre qu’il vaut mieux affronter ses difficultés plutôt que de les esquiver, et que l’amitié peut l’aider à trouver un sens à sa vie.

Le sujet et la façon de le traiter sont originaux et le fait que l’auteur ait écrit deux fins possibles à cette histoire lui donne de la hauteur, au lieu de terminer sur un lieu commun ou un optimisme excessif.

Une lecture vivement conseillée !

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Fils de l’eau, de Gu Byeong-mo

Fils de l’eau

Un père se suicide avec son fils en se jetant dans un lac, l’enfant développe des branchies dans un instinct de survie et devient mi-homme mi-poisson… à première vue, ce roman faussement simple prend des airs d’histoire fantastique et l’on se croirait presque dans un film de Miyasaki. On imagine volontiers que l’enfant va finir par attirer l’attention des médias, des scientifiques, qu’il sera persécuté, incompris… mais non, Le Fils de l’eau de Gu Byeong-mo ne repose pas sur un scénario convenu et l’on finit par se demander si Gon, cet homme poisson, est vraiment le protagoniste de l’histoire.

En effet, les relations complexes qui animent sa « famille » adoptive sont bien plus intéressantes que les caractéristiques corporelles de Gon. « Famille » c’est beaucoup dire puisqu’elle ne consiste qu’en un vieil homme et son petit-fils. Ce dernier, Kangha, développe des sentiments contradictoires envers Gon. La fraternité subie qui l’unit à Gon évolue entre haine, jalousie, admiration et peut-être amour, lui qui en a été privé enfant. Quant à Gon lui-même, il reste pour le lecteur aussi secret que pour les autres personnages du roman. Impossible à saisir tout à fait, il échappe à tous, même au lecteur, et c’est sans doute là que réside toute la tristesse du roman.

Une écriture simple, un roman sans prétentions qui sans être un chef-d’oeuvre littéraire possède un certain charme et que l’on termine sans même s’en rendre compte.

Fils de l’eau, Gu Byeong-Mo, Philippe Picquier, 2013