Archives pour la catégorie Nouvelles

4ème numéro de la revue Jentayu : Cartes et Territoires

jentayu-cartes-et-territoires-9782954989273Les éditions Jentayu publient deux fois par an la revue Jentayu qui nous présentent des textes littéraires d’écrivains des différents pays d’Asie, de la Chine au Japon, en passant par des régions aux littératures moins connues en France, à savoir la Thaïlande, les Philippines, la Malaisie, le Laos, le Bangladesh, le Tibet, la Mongolie, l’île de Taïwan, etc.

Ce quatrième numéro est consacré à la notion d’espace, de territoire et de frontière.

« Toute frontière imaginée par l’homme est le fruit d’un arbitraire. En d’autres termes, elle n’est qu’une construction intellectuelle, une illusion, un mirage constamment pris en défaut par des facteurs sur lesquels l’homme, malgré ses prétentions de grand ordonnateur, n’a pas d’emprise. Une frontière pourra être presque tangible un jour, réduite à néant le lendemain, avant de se voir redessinée par d’autres, ailleurs. [...] » (éditorial de la revue)

Coffret de sept nouvelles chinoises contemporaines « Tranchant de lune et autres nouvelles »

tranchant-lune-ming-booksLes éditions Ming Books publient en cette fin janvier un coffret petit format regroupant sept nouvelles d’auteurs chinois contemporains qui ont été traduites en français dans le cadre du Concours International de Traduction de Chine en 2013.

Une belle occasion de lire ou relire des auteurs qui nous sont déjà familiers en traduction française, comme Mo Yan 莫言, Liu Zhenyun 刘震云 ou Li Er 李洱, mais aussi de découvrir des auteurs contemporains peu ou non encore traduits mais qui bénéficient d’un large lectorat en Chine : Deng Yiguang 邓一光, Jin Renshun 金仁顺, Liu Qingbang 刘庆邦 et Wang Xiangfu 王祥夫.

Grâce à ces récits très agréables à lire, vous découvrirez une galerie de portraits de gens du peuple, entre la ville et la campagne, dans la Chine des années 1980 aux années 2000. La plupart de ces nouvelles sont très réalistes et dépeignent les conditions de vie d’une partie de la population chinoise, mais certaines comme Tranchant de Lune nous plongent dans des légendes à la limite du fantastique…

Voici une courte présentation des nouvelles par l’éditeur :

Tranchant de lune, de Mo Yan, traduite par François Dubois
Titre original 《月光斩》, parue en 2004 dans la revue Littérature du peuple [人民文学]

Caractéristique de l’écriture de Mo Yan, à la frontière du fantastique et du réalisme rural, Tranchant de Lune s’ouvre sur le meurtre d’un homme décapité, sans trace de sang et nous entraîne dans la légende de la fabrication de la mystérieuse lame.
Né en 1955, dans une famille paysanne du nord-est de la Chine, Mo Yan est l’auteur, entre autres, de Beaux seins, belles fesses, Grenouilles, Le Clan du sorgho rouge. Couronné par le prix Nobel de littérature en 2012, son oeuvre traite essentiellement du milieu rural, dans un style allégorique et métaphorique. Plusieurs de ses romans ont été portés à l’écran.

Les épreuves, de Liu Zhenyun, traduite par Grégoire Läubli et Zhong Zhengfeng
Titre original 《塔铺》, parue en 1987 dans la revue Littérature du peuple [人民文学]

Les épreuves présente le quotidien, les motivations, les angoisses et les secrets d’une bande d’étudiants qui, dans un lycée misérable de zone rurale, tentent courageusement de rattraper leurs études interrompues par la Révolution culturelle pour réussir le gaokao, concours d’entrée à l’université, qui vient d’être rétabli.
Liu Zhenyun, né en 1958, fait partie du « cercle du Henan ». Lauréat du dernier prestigieux prix Mao Dun, il a écrit de nombreux romans et nouvelles, donc plusieurs ont été publiés en français. Son écriture aborder avec humour et empathie l’impact des transformations sociales et de l’urbanisation de la Chine sur les petites gens.

Sanglots étouffés, de Li Er, traduite par Véronique Riffaud et Huang Xianfu
Titre original 《喑哑的声音》, parue pour la première fois en 1998 dans la revue Zhongshan.

Sanglots étouffés relate l’étonnante rencontre sentimentale entre un intellectuel de retour dans sa ville d’origine où il vient donner une conférence, et une mystérieuse présentatrice de radio.
Né en 1966 dans la province du Henan, Li Er est le plus jeune membre et l’une des figures majeures du « cercle du Henan », caractérisé par une écriture innovante sur le monde paysan. Par son style expérimental, où se mêlent humour, imagination et jeu sur le texte, il est souvent considéré comme le plus « intellectuel » des écrivains chinois.

La lettre, de Liu Qingbang, traduite par Coraline Jortay
Titre original 《信》, parue en 2000 dans la revue Littérature de Pékin [北京文学]

La lettre traite du comportement d’un couple face à la disparition d’une correspondance que l’épouse conservait depuis des années. Ce texte est représentatif de la délicatesse du style de l’auteur et de ses récits souvent cruels aux personnages simples.
Originaire du Henan, où il est né en 1951, Liu Qingbang a été agriculteur, mineur et journaliste avant de devenir écrivain. L’univers de la mine demeure au coeur de son oeuvre, souvent primée (notamment par l’obtention du célèbre prix Lao She) et traduite, y compris en français. Il est aussi connu pour son roman Le puits, adapté au cinéma avec le film Blind Shaft, Ours d’argent à Berlin en 2003.

Le village des pins, de Jin Renshun, traduite par Morgane Gonseth
Titre original 《松树镇》, parue en 2008 dans la revue Printemps en art et littérature [文学与艺术] et le magazine Sélection de romans et nouvelles

Le village des Pins est un conte cruel sur la confrontation entre le monde dur et rugueux de la mine et celui de jeunes réalisateurs qui y débarquent pour tourner un film, et qui ne voient leur environnement que comme un décor et les mineurs comme des acteurs potentiels.
Coréenne d’origine, Jin Renshun vit aujourd’hui en Chine dans la province de Jilin. Elle est l’auteur de romans, nouvelles et essais mais écrit également des scénarios pour le cinéma (Green Tea notamment). La sensation d’être étranger, de venir ailleurs, est souvent présente chez ses personnages.

Là-haut, de Wang Xiangfu, traduite par Coraline Jortay
Titre original 《上边》, parue en 2002 dans la revue La Cité des Fleurs [花城].

Là-haut traite de l’amour inconditionnel d’une mère vivant dans un hameau dépeuplé des montagnes pour son fils qui rentre occasionnellement de « Là-bas », la ville voisine. Un récit délicat, d’une grande finesse psychologique.
D’abord connu en tant que peintre, Wang Xiangfu est devenu un auteur majeur de romans (dont plusieurs traduits ou adaptés au cinéma ou à la télévision), nouvelles et essais, pour lesquels il a remporté de nombreuses distinctions, dont le prestigieux prix Lu Xun. Il est également chroniqueur dans plusieurs titres de presse (Pékin-Soir ou Le quotidien d’art et de littérature).

Deux compagnons, de Deng Yiguang, traduite par Li Jia et Meng Yan
Titre original 《浪形成双》, parue pour la première fois en 1997 dans la revue Zhongshan

Atypique dans l’oeuvre de Deng Yiguang, souvent centrée sur le monde ouvrier et des travailleurs migrants, Deux compagnons est aussi l’une des nouvelles les plus connues de son auteur. Nous y suivons le parcours poignant de deux loups, dans un récit qui célèbre la beauté et la fragilité de la nature.
D’origine mongole, Deng Yiguang vit aujourd’hui dans la nouvelle ville de Shenzhen. Auteur très prolifique, il a écrit neuf romans et plus de quatre-vingt nouvelles et romans courts dont l’un a remporté le prix Lu Xun. Plusieurs de ses textes ont été traduits en anglais, en russe ou en japonais.

J’aime Mary, de Hwang Chun-ming

a-couvLa librairie Le Pigeonnier de Taipei organise le 18 octobre prochain une rencontre avec l’écrivain taïwanais Hwang Chun-ming, à l’occasion de parution en français du recueil de nouvelles J’aime Mary, publié en début d’année dans la collection Bleu de Chine des éditions Gallimard.

Voici une interview de Matthieu Kolatte, traducteur de ce recueil de nouvelles, qui permet de remettre en contexte Hwang Chun-ming dans l’histoire taïwanaise mais aussi de comprendre l’intérêt littéraire et humaniste de cet ouvrage.


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Oh Jung-hi et Lee Seung-u au Centre Culturel Coréen

Le Centre Culturel Coréen vous propose de rencontrer deux grandes figures de la littérature coréenne, Lee Seung-u et Oh Jung-hi.

auteur1Rendez-vous
Vendredi 12 septembre à 18h30
au Centre Culturel Coréen
2 avenue d’Iéna
75116 Paris
Plus d’informations sur le site du CCC

Ils sont de passage en France pour le festival Place aux Nouvelles, qui aura lieu les 13 et 14 septembre prochains à Lauzerte (Tarn-et-Garonne), et pour lequel ils sont cette année les invités d’honneur.

En effet, l’éditeur Serge Safran a tout récemment publié deux recueils de nouvelles : Le vieux journal, de Lee Seung-u et Le quartier chinois, de Oh Jung-hi.

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Lee Seung-u est aussi auteur des romans L’envers de la vie (Zulma, 2000), La vie rêvée des plantes (Zulma, 2006), Ici comme ailleurs (Zulma, 2012 / Folio, 2013) ou Le regard de midi (DeCrescenzo, 2014). Pour ceux qui lisent le coréen, nous avons en rayon la version coréenne de Le vieux journal, intitulée 오래된 일기, ainsi que Magnolia park 이승우 : 목련공원 en collection bilingue coréen-anglais.

Oh Jung-hi est également abondamment traduite dans le monde. Vous pouvez (re)lire les précédentes parutions en français, à savoir des recueils de nouvelles : L’Âme du vent (Philippe Picquier, 1995) et Le Chant du pèlerin (Philippe Picquier, 2003) ; ainsi que deux romans L’oiseau (Seuil, 2005) ou La Pierre tombale (Philippe Picquier, 2004).

Rencontre avec Brigitte Duzan et Françoise Robin, traductrices de « Neige », recueil de nouvelles de Pema Tseden

Paru aux éditions Philippe PicquierNeige est un recueil de nouvelles de l’auteur tibétain Pema Tseden. Maîtrisant aussi bien le chinois que le tibétain, Pema Tseden est l’un des rares auteurs à pouvoir écrire dans ces deux langues. Egalement cinéaste, Pema Tseden s’est notamment fait connaître grâce à ses films Le silence des pierres sacrées,The Search et Old Dog.

Les deux traductrices de Pema Tseden, Françoise Robin (pour le tibétain) et Brigitte Duzan (pour le chinois), seront présentes au Phénix pour vous dévoiler les coulisses de la traduction et vous parler de l’auteur et de ses nouvelles. La rencontre sera suivie d’un pot amical offert par l’éditeur.

Résumé du recueil
« Écrire est pour moi un moyen de parvenir à cette paix tant désirée du corps et de l’esprit.
En écrivant, on accède à une sorte d’état suprême où le corps et l’esprit prennent un rythme d’une lenteur merveilleuse qui permet de se détendre peu à peu : on peut alors pénétrer dans le monde intérieur des personnages de l’histoire que l’on veut raconter. »
Sept histoires du Tibet par un écrivain qui est aussi un célèbre cinéaste tibétain. Sept histoires où nous cheminons un moment en compagnie d’hommes et de femmes dans le Tibet d’aujourd’hui, loin d’une image folklorique ou idéalisée d’un Tibet lointain par ses paysages et proche par son humanité.

Rendez-vous
Vendredi 19 avril 2013 à 18h
Entrée libre – Inscription sur notre site

Mo Yan : bibliographie

Au Seuil (grand format et poche dans la collection points) :

Le Veau, suivi de Le Coureur de fond, trad. François Sastourné
Titre original : 牛 niu, 三十年前的一次长跑比赛 sanshi nian qian de yici changpao bisai

Résumé : Mêlant souvenirs et imagination débordante, ces deux nouvelles que relient l’attachement de Mo Yan à l’enfance, à sa province natale et au monde animal, décrivent une Chine rurale où la débrouillardise permet d’affronter la dure réalité. Mo Yan lui-même s’y dévoile comme jamais, en adolescent turbulent et bavard aux prises avec la souffrance du veau, la misère, et la ruse infinie des hommes, ou en observateur de dix ans, candide et curieux, de la course de fond organisée par l’école. A chaque tour de piste, c’est la surprise, le suspense grandit tandis que l’enfant dresse un tableau truculent de la vie de son canton dans les années soixante. Mo Yan laisse exploser avec délices la malice et l’énergie de l’enfance, la bonhomie, le courage et l’humour vache du monde paysan soumis aux lois absurdes de l’époque maoïste.

Grenouilles, trad. Chantal Chen-Andro
Titre original : 蛙 wa

Résumé : Dans un village chinois, Têtard écrit une pièce de théâtre. Il s’inspire de la vie de sa tante, une gynécologue à la fois terrifiante et fascinante, qui oeuvre pour la mise en place du planning familial sous Mao. Très vite, elle s’engage dans le parti communiste, organise des campagnes d’avortements forcés. La tante de Têtard est prête à tout pour aller au bout de ses convictions politiques, malgré les terribles conséquences sur la vie des villageois.

La dure loi du karma, trad. Chantal Chen-Andro
Titre original : 生死疲劳 shengsi pilao

Résumé : Selon la dure loi du karma, Ximen Nao est condamné à être réincarné en animal. Âne, puis boeuf, cochon, chien ou singe : il revient dans son village, partageant le quotidien de ses descendants. Discret et acteur décalé, comique et déguisé, il suit cinquante ans durant le destin d’une communauté de paysans. Et justement, dans le village, vit un petit drôle mal élevé et terriblement bavard : Mo Yan.

Beaux seins, belles fesses, trad. Noël et Liliane Dutrait
Titre original : 丰乳肥臀, fengru feitun

Résumé : Jintong (Enfant d’or) est le fils unique d’une famille de neuf enfants. Narrateur de cette vaste fresque de la société rurale, son attachement immodéré et obsessionnel au sein maternel l’entraîne dans des situations tragiques et burlesques. Les destins des personnages sont étroitement liés aux évènements historiques de la Chine au XXème siècle.

Le Supplice du santal, trad. Chantal Chen-Andro
Titre original : 檀香刑 tanxiang xing

Résumé : Quatre hommes tourmentent la très belle Meiniang: son père Sun Bing, chanteur d’opéra, condamné au supplice du santal pour rébellion. Son beau-père, le redoutable Zhao Jia, accompagné de son fils, le boucher Petit-Jia, pour mettre à exécution la plus cruelle des tortures. Son amant, le très amoureux Qian Ding, reste en sa qualité de préfet de l’empire, le seul capable de dénouer ce drame…

Enfant de fer, trad. Chantal Chen-Andro
Nouvelles du recueil : La Faute, [Coupe de vent, la rivière tarie, le bébé abandonné, l'abri aux sandales de paille, cinq petits pains, le dirigeable, enfant de fer], [Premier amour, une histoire d'amour, la meule en pierre, carpe d'or, nuit de pêche], la fille du boucher, [nouvelles inédites : le clan des renifleurs d'odeurs, la belle de glace]
Titres originaux : 欢乐十三章 huanle shisan zhang, 苍蝇 cangying, 初恋 chulian,老枪 laoqiang

Résumé : Ces seize nouvelles de Mo Yan sont des contes qui ont pour narrateur un enfant, souvent identifiable à l’auteur lui-même. Mo Yan est né en 1956, son enfance se passe pendant la période du Grand Bond en Avant et son adolescence débute avec la Révolution Culturelle. Toutes ces histoires se déroulent à Gaomi, dans son terroir natal, et mettent en scène le petit peuple chinois, les paysans et les artisans pauvres, à la fois acteurs et victimes de la politique radicale de l’époque. C’est une Chine empreinte de savoirs et de croyances millénaires, un pays pris dans les collectivisations et les grands travaux, qui constitue la toile de fond de ces récits.
Le monde rural de son enfance est véritablement la mine merveilleuse de Mo Yan, là où il revient sans cesse extraire de nouveaux joyaux, transfigurant le réel.
La publication de ces seize nouvelles, s’étend sur seize années, de 1984 à 2000. On voit, à leur lecture, que leur facture est parfaitement homogène, même si elles se font l’écho de plusieurs genres et dimensions littéraires. Il y a les contes cruels, qui exposent la dureté de la vie, la bêtise et la méchanceté des adultes (La rivière tarie, La fille du boucher, Le dirigeable) ; les contes semi-fantastiques (L’enfant de fer, Cinq petits pains, Renifleur d’odeurs) ; les histoires d’amour enfantines ou adolescentes (La meule de pierre, Une histoire d’amour, Premier amour) ; les travaux et les jours (Coup de vent, Nuit de pêche, La belle de glace) ; les récits qui découvrent la rusticité et, parfois, la trivialité de la vie dans les campagnes profondes (L’abri aux sandales de paille). Tous ces genres s’interpénètrent avec bonheur. Certaines de ces nouvelles sont des pièces brèves, des symphonies romanesques, d’autres sont imprégnées par une intensité poétique, d’autres encore, pénétrées d’élans de tendresse humaine.

Le chantier, trad. Chantal Chen-Andro
Titre original : 筑路 zhulu

Résumé :  » La route noire rampe, immense dragon décapité. » Une route en construction quelque part dans la campagne chinoise: on ignore où et quand elle doit aboutir. Avec le départ du chef de chantier, les « mauvais éléments », subitement livrés à eux-mêmes, oublient la discipline et le carcan idéologique. Dans ce paysage décharné, affamé, la proximité d’un village peuplé de créatures humaines et animales attise les pulsions. Les instincts individuels et les passions se déchaînent sur ce théâtre inattendu de la comédie humaine: jeu, vol, crime, folie, violence animale, sexuelle… traversés d’éclairs de bonté, de finesse et de beauté. Où diable va-t-on ?
Ce roman vif, brutal, dont les audaces et le burlesque interrogent sans ambages le socialisme tel qu’il a cherché sa voie en Chine, permet à l’auteur d’afficher une maestria qui explose la langue de bois, dynamite le discours politique. Avec Le Chantier, Mo Yan affirme son génie singulier et nous livre une fable intense, complexe, envoûtante, teintée de son habituelle truculence. Un roman remarquable d’intelligence et de vivacité.

Le maître a de plus en plus d’humour, trad. Noël Dutrait
Titre original : 师傅越来越幽默 shifu yuelaiyue youmo

Résumé : L’usine a fait faillite, maître Ding est licencié. A seulement un mois de la retraite, c’est tout un monde qui s’effondre. Mais il retrouve soudain sa joie de vivre grâce à une idée géniale. Oui, mais cette idée… ne serait-elle pas un peu criminelle ? Dans ce court roman empreint de tendresse et d’humour, Mo Yan exerce une fois de plus son regard décapant sur la société chinoise contemporaine.

Le pays de l’alcooltrad. Noël Dutrait
Titre original : 酒国 jiuguo

Résumé : L’inspecteur Ding Gou’er mène une enquête sur une rumeur de trafic de chair d’enfants dans la ville minière de Jiuguo…
Très vite, le réalisme survolté du récit s’imprègne de fantastique ; aidé par des cérémonies éthyliques, le rêve fait irruption dans la réalité, et le héros intrépide, qui ne dessaoule jamais, entre de plain-pied dans l’imaginaire de ce coin reculé de la Chine. En contrepoint, le narrateur livre sa correspondance avec un certain Li Yidou, apprenti romancier qui réside à Jiuguo, et dont les œuvres attisent le fantasme des festins d’enfants ou exaltent les vertus de l’alcool, viatique des Immortels.
A la faveur de ce dispositif complexe et maîtrisé, l’auteur déchaîne sa verve satirique sur le mode du picaresque et du réalisme magique. Les morceaux de bravoure se succèdent et le texte devient une sorte de roman visionnaire : les enfants de Mao, initiés aux arcanes de l’éternité, retrouveront-ils le secret de l’âge d’or ?

Les treize pas, trad. Sylvie Gentil
Titre original : 十三步 shisan bu

Résumé : Les treize pas, fugue brillante sur une base aléatoire, se présente comme un jeu de massacre.
Deux professeurs de physique, occupant des logements mitoyens, Zhang Honqiu et Fang Fugui, s’évertuent à enseigner la théorie de la relativité dans un établissement secondaire, le lycée n°8, qui possède également une usine autogérée de conserves de lapin. La femme de Zhang Honqiu, Du Xiaying, y est préposée au dépeçage des bêtes encore vivantes tandis que l’épouse de Fang Fugui, Li Yuchan,est esthéticienne au funérarium. Héros du travail, Fang Fugui, mort de fatigue et ressuscité clandestin, se retrouve avec le visage de Zhang Honqiu, et cherche à faire fortune dans le trafic de cigarettes. Cet épisode épique tourne à la catastrophe générale. Le faux mort devient fou en assistant à ses obsèques. Sa femme est promue et se suicide. Un tigre du zoo est empoisonné et dépecé.
Prenant pour paramètres la misère des intellectuels et la libido inassouvie de leurs épouses, le récit se démultiplie dans une savante mise en abîme des différentes fonctions narratives, les personnages assurant tour à tour le rôle de héros et de narrateur. Roman d’un comique atroce, Les treize pas démontre comment le parti a vidé la vraie vie de sa substance, il expose la douloureuse reconversion des masses populaires au capitalisme sauvage, et à la course aux diplômes.

La mélopée de l’ail paradisiaque, trad. revue et corrigée par Chantal Chen-Andro
Titre original : 天堂蒜薹之歌 tiantang suantai zhi ge

Résumé : Gao Ma est un jeune paysan déterminé. Il veut épouser Jinju coûte que coûte. Ni le mariage arrangé qui promet Jinju à un autre, ni la police corrompue, ni les traditions féodales qui pèsent encore sur les habitants de la province du Shandong ne pourront l’arrêter. Encore moins les coups qui s’abattent sans relâche sur sa tête. Bravant tous les interdits, Gao Ma décide d’enlever sa belle.
 » Elle n’est pas spécialement jolie, moi non plus d’ailleurs, mais elle n’est pas laide pour autant, et moi non plus cela va de soi. « 

Quarante et un coups de canon, trad. Noël et Liliane Dutrait
Titre original : 四十一炮 sishiyi pao

Chez Philippe Picquier :

La Belle à dos d’âne dans l’avenue de Chang’an, trad. Marie Laureillard
Nouvelles du recueil : La Belle à dos d’âne dans l’avenue de Chang’an, la femme au bouquet de fleurs, Le combat dans la peupleraie, les Poucettes
Titres originaux : 长安大道上的骑驴美人 Chang’an dadao shang de qilü meiren, 怀抱鲜花的女人 huaibao xianhua de nüren, 白杨林里的战斗 baiyang lin li de zhandou, 拇指铐 muzhi kao

Résumé : Ces récits de Mo Yan ont la beauté d’un rêve éveillé. Un éblouissement porté par une langue envoûtante, parcourue de senteurs, de lumières étincelantes, poudrées d’argent, et de flammes d’or dansant sur le fond noir de la nuit. A l’orée de ces récits, dans l’écoulement des jours se produit une apparition, comme si le rêve faisait soudain irruption dans la vie et se révélait plus dense, plus intense, de couleurs plus vives et aussi plus violentes et cruelles que le réel lui-même.
C’est la vision d’une femme serrant contre son coeur un bouquet de roses pourpres, escortée d’un chien noir ; ou celle d’un homme en armure argentée, monté sur un cheval d’un blanc immaculé, se faufilant parmi les files de voitures de l’avenue ; et aussitôt le héros est subjugué, envoûté, comme emporté par la mécanique du rêve dans une spirale d’événements qui prennent l’impitoyable figure du destin. Alors ces récits ont l’atroce splendeur des cauchemars.

La Joie, trad. Marie Laureillard
Titre original : 欢乐 huanle

La Carte au trésor, trad. Antoine Ferragne
Titre original : 藏宝图 cangbao tu

Résumé : Le simple monologue d’un fâcheux rencontré sur le boulevard est le point de départ de ce récit éblouissant de virtuosité. Entraîné malgré lui dans un restaurant de raviolis, notre héros n’aura pas d’autre issue que de subir la conversation volubile et le verbiage désopilant d’un ami d’enfance. De fil en aiguille et du coq à l’âne, la conversation du bavard prend le tour d’une logorrhée où s’entremêlent brèves de comptoir et considérations métaphysiques. Le lecteur déconcerté par cet étrange banquet le sera encore davantage quand il apprendra qu’une moustache de tigre égarée dans un ravioli peut conduire presque naturellement à un précieux grimoire. Un récit tourbillonnant et fantasque dont la bouffonnerie et les éclats de rire sont un délice pour le lecteur pris au piège.

Le radis de cristal (suivi de Déluge), trad. Pascale Wei-Guinot et Wei Xiaoping
Titres originaux : 透明的红萝卜 touming de hongluobo,秋水 qiushui

Actes Sud :

Le Clan du Sorgho, trad. Sylvie Gentil et Pascale Wei-Guinot
Titre original : 红高粱家族 hong gaoliang jiazu 

Editions Caractères :

Explosion, trad. Camille Loivier
Titre original : 爆炸 baozha

La bibliothèque des instruments de musique, de KIM Jung-hyuk

Couverture du livre de Kim Jung-hyuk, la bibliothèque des instruments de musique

Paru aux éditions Decrescenzo, La Bibliothèque des instruments de musique  de KIM Jung-hyuk rassemble quatre petites histoires ou micro-fictions. Toutes les histoires tournent autour de la musique, explorée ici sous toutes ses formes : les instruments de musique, la voix, les sons, le mixage…

Chaque micro-fiction donne à voir un personnage à un moment où la musique (ou quelque chose lié à la musique) entre dans sa vie et en perturbe le cours. Dans un style efficace et dynamique (servi par d’excellentes traductions), KIM Jung-hyuk offre des fenêtres sur un monde contemporain où l’on doit donner (sacrifier) un peu de soi-même pour s’inventer ses propres repères, ses propres normes.

Humiliation publique, accident de la route, incarcération, développement d’une étrange maladie… toujours une sorte de choc initiatique lance le personnage vers l’affirmation de soi. L’individu passe ainsi de l’hétéronomie (comment classer les instruments de musique ? qu’est-ce que chanter faux ? qu’est-ce que la bonne musique ?) à l’autonomie inquiétante et grisante de celui qui ose (s’)imposer ses choix.

Ce livre, tout à la fois reflet d’une société et hommage à la musique, offre une lecture réjouissante à multiples interprétations !

Couverture du livre de Kim Jung-hyuk, la bibliothèque des instruments de musique en coréen

La Bibliothèque des instruments de musique, KIM Jung-hyuk, Decrescenzo éditeurs, 2012

Du même auteur, à paraître chez Decrescenzo : Bus errant (prévision : avril 2013)

Vous pouvez commander par notre intermédiaire la version coréenne du recueil, n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.