Rencontre sur Mo Yan avec les spécialistes de littérature chinoise Yinde Zhang, Shuang Xu, Noël Dutrait et Chantal Chen Andro

Nous avons le plaisir de recevoir Yinde Zhang, Shuang Xu, Noël Dutrait et Chantal Chen Andro, les traducteurs et spécialistes de Mo Yan, pour une rencontre dans notre librairie à l’occasion de la parution de leur livre Mo Yan, au croisement du local et de l’universel et de la traduction du livre de Mo Yan Le clan des chiqueurs de paille en février 2016 aux éditions du Seuil.

mo yan
Présentation des livres 

Mo Yan, au croisement du local et de l’universel 

Le volume réunit les actes issus des deux volets consécutifs et complémentaires de cette manifestation scientifique, organisée par trois équipes de recherche spécialisées (universités Paris 7-Diderot, Paris 3-Sorbonne Nouvelle et Aix-Marseille). Au-delà de son succès, l’oeuvre de Mo Yan appelle des réflexions universitaires, en raison de sa profonde originalité, à la confluence du local et de l’universel.
Le royaume littéraire fondé sur son pays natal de Gaomi, irréductible à une portion de l’espace, constitue un moyen privilégié d’interroger les dynamiques de l’Histoire et de la mémoire. La superposition de différentes strates temporelles, mythiques, légendaires et historiques, transfigurée par un discours narratif carnavalesque, montre l’ambivalence d’un lieu aussi incontournable qu’inappropriable.
Ce processus de déterritorialisation déjoue la vérité de l’identité pour s’ouvrir à un nouveau mode d’appartenance. C’est ce caractère de l’Ouvert que le colloque s’est proposé de débattre, en réunissant sinologues, comparatistes, traducteurs français et internationaux, (Chine, des Etats-Unis, d’Italie, des Pays-bas, de Suède…) dans la résonance du célèbre aphorisme formulé par Miguel Torga : » L’universel, c’est le local moins les murs ».


Le clan des chiqueurs de paille

Le clan, issu des marais du canton Nord-est de Gaomi, a pour ancêtre mythique une pouliche et pour caractéristique son attachement à un chaume à mâcher, rouge, aux vertus formidables mais qui le désigne comme le clan des « brouteurs », « mangeurs de paille » en butte à l’incompréhension, voire à l’hostilité. Le pays subit à intervalles réguliers l’invasion de nuages de sauterelles qui dévorent le chaume, détruisant – mais jusqu’où puisque le narrateur est encore là pour le dire ? – le clan mythique.
Les rêves du narrateur et de ses comparses s’enchaînent, entrecroisant les périodes, les histoires, les légendes et les souvenirs, les personnes et les dieux. Ils brouillent les pistes et entretiennent le doute, chacun fonctionnant comme une entité indépendante. Le suspense est ménagé jusqu’au dernier récit. Après Le Clan du Sorgho rouge, Mo Yan laisse libre cours à une imagination débridée, à une expression multiforme, nouvelle, extrême de son art.
Ainsi l’exprime le narrateur : « Un jour je finirai par écrire et faire jouer une pièce de théâtre digne de ce nom et où s’enchaînent, dans leur étroite imbrication, rêve et réalité, science et féerie, Dieu et diables, amour et prostitution, noblesse et bassesse, beauté féminine et excréments, passé et présent, trophées et préservatifs. Ils constitueront un monde total ». Par ces amalgames délibérés, confondant le supérieur et l’inférieur, le spirituel et le matériel, le sublime et l’obscène, l’oeuvre carnavalesque de Mo Yan affirme la révocation de toute autorité.

 

Rendez-vous :
Samedi 12 mars 2016 à 17h
Au 1er étage de notre librairie
Entrée libre Inscription sur notre site

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