Fils de l’eau, de Gu Byeong-mo

Fils de l’eau

Un père se suicide avec son fils en se jetant dans un lac, l’enfant développe des branchies dans un instinct de survie et devient mi-homme mi-poisson… à première vue, ce roman faussement simple prend des airs d’histoire fantastique et l’on se croirait presque dans un film de Miyasaki. On imagine volontiers que l’enfant va finir par attirer l’attention des médias, des scientifiques, qu’il sera persécuté, incompris… mais non, Le Fils de l’eau de Gu Byeong-mo ne repose pas sur un scénario convenu et l’on finit par se demander si Gon, cet homme poisson, est vraiment le protagoniste de l’histoire.

En effet, les relations complexes qui animent sa « famille » adoptive sont bien plus intéressantes que les caractéristiques corporelles de Gon. « Famille » c’est beaucoup dire puisqu’elle ne consiste qu’en un vieil homme et son petit-fils. Ce dernier, Kangha, développe des sentiments contradictoires envers Gon. La fraternité subie qui l’unit à Gon évolue entre haine, jalousie, admiration et peut-être amour, lui qui en a été privé enfant. Quant à Gon lui-même, il reste pour le lecteur aussi secret que pour les autres personnages du roman. Impossible à saisir tout à fait, il échappe à tous, même au lecteur, et c’est sans doute là que réside toute la tristesse du roman.

Une écriture simple, un roman sans prétentions qui sans être un chef-d’oeuvre littéraire possède un certain charme et que l’on termine sans même s’en rendre compte.

Fils de l’eau, Gu Byeong-Mo, Philippe Picquier, 2013

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